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Quittez la plage ! par Timothée Paton

Quittez la plage ! est le premier chapitre du livre du même nom, écrit par Timothée Paton.

Timothée sera l’un des orateurs de Bouge Ta France 2017 et il met généreusement ce chapitre à ta disposition.

Le livre « Quittez la plage » est disponible aux éditions Viens et vois.

Quittez la plage ! (Luc 5 / 1-11)

Jésus se tient sur les rives de la mer de Galilée et enseigne la foule. Il aperçoit deux barques vides. L’une d’elles appartient à Pierre. Découragé de ne pas avoir pêché un seul poisson, Pierre nettoie ses filets sur la plage.

Beaucoup de chrétiens se trouvent aujourd’hui sur la plage, abattus. Près d’eux se dresse leur bateau vide. Malheureusement, on rencontre plus de croyants le long de la mer qu’en eaux profondes, à la recherche du poisson. Plus ils restent sur la rive, plus ils ressentent de découragement. Leur joie se dessèche. Leur passion pour les perdus a quasiment disparu. Leur vision pour la mission s’est éteinte.

Jésus monte dans la barque et s’adresse à Pierre : “Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher”. Vous ne pouvez pas passer tout votre temps à nettoyer vos filets. Vous ne pouvez pas rester indéfiniment au bord de la mer. Il est temps de quitter la plage.

Comment s’appelle votre plage ? Dépression ? Déception ? Confort ?

Jésus est déjà dans la barque. Il vous attend. Il vous appelle. Dieu a besoin de vous. Le bateau ne peut pas partir sans vous. S’engager pour Dieu à 5 mètres du rivage, ce n’est pas suffisant. Même à 20 ou 30 mètres. Si vous voulez réaliser une bonne pêche, vous devez aller là où l’eau est profonde. Quelles sont les eaux profondes vers lesquelles Dieu vous appelle ?

Dans les prisons ? Au coeur des cités difficiles de nos grandes villes ? Auprès des personnes âgées dans les maisons de retraite ? Qui aura le courage de servir Dieu dans les eaux profondes du Soudan, du Bangladesh ou de l’Espagne ?

C’est un Juif qui amena l’Évangile à Rome. Un Romain qui l’apporta en France, un Français en Scandinavie, un Scandinave en Écosse, un Écossais en Irlande…

Qui ira jusqu’au peuple Shuwa du Tchad ? Ou s’approchera de l’ethnie Pathan, en Afghanistan, où l’on ne recense que 0,01 % de chrétiens ?

Qui aura le courage de prendre sa barque pour rejoindre les quelques 2 millions d’âmes du peuple Arakanese en Birmanie ?

Quand on prend conscience de la réalité, il devient impossible de rester sur la plage. Je vous invite à quitter la foule et à vous engager pour Jésus.

J’ai reçu un jour un courriel d’un couple hollandais qui suivait une formation biblique aux Pays-Bas. Tous deux se préparaient à quitter la plage pour les eaux profondes. Voici ce qu’ils m’ont écrit : “Cette semaine nous avons suivi des cours sur les grands besoins des enfants des rues à travers le monde.Nous voulons voir leurs vies changer. Même si ce n’est qu’un enfant à la fois, cela vaut la peine de quitter notre maison et de donner tous nos biens”.

Jim Elliot, un missionnaire américain qui finit martyr en Équateur dans les années 50, a fait ce constat : “Il n’est pas fou celui qui accepte de perdre ce qu’il ne peut pas gagner pour gagner ce qu’il ne pourra jamais perdre”.

En 1999, j’ai quitté la France pour les eaux profondes du Cambodge. Au fil des années, avec toute une équipe, nous avons jeté nos filets dans la capitale, Phnom Penh, où des milliers de garçons et de filles sont forcés de travailler dans la rue, chaque jour, sans répit. Au cours de ces années vécues au Cambodge, j’ai souvent senti les vents forts faire ballotter ma barque. De temps en temps, elle a même pris l’eau.

Jésus ne nous a jamais promis que la mer serait toujours calme et qu’il n’y aurait jamais d’orage. Mais au coeur de nos tempêtes, il est à nos côtés. Si Jésus est dans le bateau, vous avez l’assurance que vous ne coulerez pas.

“Jetez vos filets pour pêcher” lance Jésus à Pierre.

Nous avons tous des filets : les dons et les talents dont Dieu nous a dotés. Certains chrétiens s’imaginent qu’ils pourront attraper quelque chose en restant confortablement établis sur le sable de la plage. Non ! Ils n’attraperont rien. Peut-être un poisson mort ou quelques coquillages, rien de plus.

Jetez vos filets en eau profonde. Servez Dieu là où la pêche peut être abondante. Nos filets ne nous ont pas été confiés pour être suspendus dans le salon de nos maisons. Nos filets nous rappellent peut être de bonnes pêches en haute mer, ces jours passés où Dieu s’est servi de nous mais, s’ils restent accrochés au mur, ils ne servent à rien. Nos talents ne sont pas des objets de décoration.

Prenez vos filets. Ne les laissez pas se détériorer aux murs de vos
souvenirs.

“L’ayant jeté, ils prirent une grande quantité de poissons et leur
filet se rompait.”

Que ce soit dans un bidonville des Philippines, dans une banlieue parisienne ou au coeur du monde des médias ou de la politique, vous pouvez jeter vos filets et saisir une grande quantité de poissons pour le royaume de Dieu. Il ne vous laissera pas tout seul au milieu de la mer.

D’autres frères et soeurs viendront tirer les filets avec vous : “Ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre barque de venir les aider. Ils vinrent, et ils remplirent les deux barques, au point qu’elles enfonçaient”.

Pourtant, quand vous décidez de répondre à l’appel pour le service de Dieu, sachez que tout le monde ne montrera pas le même enthousiasme que vous. Dans la foule, certains manifesteront même une certaine hostilité quand ils assisteront à votre départ.

Un jour, un touriste en vacances aux Bahamas aperçut une grande foule réunie au bout d’une jetée. En s’en approchant, il vit qu’elle faisait face à une petite embarcation ; dedans, un navigateur s’apprêtait à partir pour un voyage en solitaire autour du globe. Les spectateurs réunis là lui donnaient toutes sortes de bonnes raisons pour qu’il renonce à une telle aventure…

Dans une ambiance aussi négative, le touriste sentit qu’il se devait d’encourager l’intrépide marin. Alors que le petit bateau s’engageait dans la mer, il se mit à sauter le long de la jetée et à crier : “Allez-y ! Vous y arriverez. Nous sommes fiers de vous !”

Quand vous vous élancerez dans les eaux profondes, vous entendrez une voix plus forte que toutes les autres, celle du Saint-Esprit qui vous dira : “Vas-y. Tu peux y arriver. Je suis avec toi !”

Je pense à Matha, cette femme hors du commun que j’ai rencontrée en octobre 2013 à Chiang Mai, en Thaïlande. Nous partagions un repas quand elle m’a raconté son histoire.

Matha est née aux États-Unis. À l’âge de 11 ans, elle accepte Jésus comme son Sauveur personnel. Souffrant un jour de forts maux de tête, elle se rend chez le médecin qui décèle une tumeur dans son cerveau. À 12 ans, elle subit une opération. Mais c’est un échec. Une semaine avant son 13e anniversaire, Matha se réveille un matin… aveugle. À 16 ans, elle tente de se suicider en prenant en une seule fois une dose d’un mois de barbituriques.

Elle se réveille vingt-quatre heures plus tard et s’exclame : “Dieu soit béni, je suis vivante ! Seigneur, je dépose maintenant tout à tes pieds”. Elle raconte : “J’ai alors ressenti la gloire de Dieu. Il me soutenait. Quand je pleurais, c’est comme si Dieu pleurait avec moi”.

Passionnée par les différentes cultures, Matha décide de s’engager comme missionnaire, malgré son handicap. Après avoir obtenu son Master dans un collège biblique, elle fait une demande pour servir Dieu au Mexique parmi les enfants des rues. Elle s’adresse à une agence missionnaire, mais quand les responsables apprennent qu’elle est aveugle, sa candidature est refusée. Matha ne baisse pourtant pas les bras. Elle écrit à une autre organisation chrétienne, cette fois en Colombie. Mais la porte se ferme à nouveau.

Après avoir essuyé ces deux refus, Matha, maintenant âgée de 23 ans, se demande si elle n’a pas fait une erreur en voulant partir en mission. Dieu parle à son coeur : “Matha, je t’ai bien appelée. Cela n’a pas d’importance ce que les uns et les autres peuvent te dire !” Elle reprend alors courage et écrit cette fois-ci au bureau de Jeunesse en Mission au Brésil. Et sa demande est acceptée !

En 1994, elle s’envole pour une mission à court terme parmi les enfants des rues, au nord du Brésil. À son retour aux États-Unis, elle va écouter un missionnaire servant Dieu en Mongolie, venu prêcher dans son église. Alors qu’elle est en route pour cette soirée, Matha se souvient avoir dit : “Ce qui est sûr, c’est que je n’irai jamais travailler en Mongolie !”

Mais, avant même que la rencontre ne soit terminée, Dieu a changé son coeur. Elle est convaincue que le Seigneur veut l’envoyer là-bas… justement en Mongolie ! Plus tard, peu de temps avant son grand départ pour la capitale, Oulan-Bator, Matha reçoit une vision. Elle y distingue de nombreux chrétiens mongols à cheval. Le Seigneur lui dit : “Je ne t’ai pas seulement appelée à me servir parmi les enfants des rues, mais à lever des serviteurs et des servantes de Mongolie pour mon service”.

C’est en 1997 que Matha s’envole, seule, pour vivre cette nouvelle étape de sa vie. Plus de 5 000 garçons et filles vivent dans les rues d’Oulan-Bator où, en hiver, la température descend jusqu’à − 30 degrés ! Nombreux sont retrouvés morts de froid. Matha apprend la langue et donne tout son temps à ces enfants abandonnés. En hiver, le centre d’accueil où elle s’investit compte jusqu’à 200 orphelins.

J’ai interrogé Matha sur cette vision concernant des missionnaires mongols. Elle m’a répondu, le visage rayonnant :

− Sais-tu, Timothée, qu’aujourd’hui l’Église de Mongolie envoie plus de missionnaires par rapport au nombre de chrétiens, que tous les autres pays du monde. Il y a un frère mongol, aveugle comme moi, que j’ai eu la joie d’envoyer comme missionnaire parmi son peuple. Il est en ce moment même au coeur du désert de Gobi, où il implante une église parmi les nomades !

J’ai partagé plusieurs repas avec Matha. Nous sommes allés au marché de Chiang Mai où je l’ai accompagnée pour ses courses de Noël. On a bien ri. Matha est une femme pleine de vie, curieuse de tout, à l’écoute des autres, passionnée de Dieu. Je l’ai revue une dernière fois à la fin d’un culte à Chiang Mai, peu avant qu’elle reprenne l’avion, seule, pour Bangkok.

Matha est infatigable. Depuis début 2013, elle s’est lancée dans une nouvelle aventure : faire connaître Jésus parmi les jeunes filles thaïes vendues au commerce sexuel. On estime à 500 000 le nombre d’esclaves en Thaïlande. Mais, parmi cette multitude de femmes et d’enfants, se trouve aujourd’hui une jeune Américaine, aveugle, qui n’a pas laissé son handicap déterminer ni sa mission ni son avenir.

Lorsque Matha visite les églises aux États-Unis, face à des auditoires qu’elle ne voit pas, elle lance souvent ce défi : “Mes frères et mes soeurs, si je peux faire ce que je fais, alors vous aussi vous pouvez le faire !”

Encore faut-il quitter la plage !

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