Les rivières corses sont à la plage ce que la truffe est au pâté en croûte : un produit brut, sans fard, qui récompense les curieux prêts à s’aventurer hors des sentiers battus. En 10 ans de vadrouille sur l’Île de Beauté, j’ai appris que la vraie magie de ces lieux ne se trouve pas dans les spots ultra-connus pour Instagram, mais dans les coins plus discrets où l’on entend encore les cigales plutôt que les discussions des voisins de serviette. Pour te faire découvrir ce joyau de mon île d’adoption, je t’ai préparé un guide des plus belles piscines naturelles de Corse. Prépare-toi à en prendre plein les yeux (et à frissonner).
Sélection des piscines naturelles en Corse : fuyez les foules, pas le bonheur 🏞️
Tu cherches l’authenticité, pas le cliché saturé de monde et d’influenceurs qui se prennent pour Cousteau avec un téléphone dans l’eau ? Je te comprends mieux que ta mère quand tu étais petit. Ici, on parle nature sans filtre : des endroits où tu risques plus de croiser une libellule qu’un troupeau de touristes en claquettes. La Corse regorge de piscines naturelles qui font oublier la plage, mais entre les « paradis secrets » vantés partout et la réalité des parkings bondés en plein août, il y a un monde !
"Le bruit des cascades est la seule musique que tu devrais entendre. Si tu entends la playlist du voisin, c’est que tu es au mauvais endroit. Je vais donc te guider vers le silence."
Ma promesse est simple : je vais t’aiguiller vers les vrais bons coins – ceux où l’eau pique un peu mais où ton âme fait la fête tranquillement. On commencera par les classiques du Sud (là où tout le monde veut aller… mais on va contourner le système), puis cap sur la Haute-Corse : là-haut, il faut aimer crapahuter un peu, mais c’est le prix à payer pour voir autre chose que des serviettes alignées.
Corse du Sud : les classiques et comment mieux les apprécier
Ici, on parle des spots très connus – Purcaraccia, Cavu et compagnie. Je ne vais pas faire semblant de les ignorer : il y a une raison pour laquelle tout le monde veut y aller ! Mais je vais surtout te donner mes astuces pour éviter de finir à bronzer entre deux poussettes et trois glacières. Mon mot d’ordre : malin plutôt que mouton.
Haute-Corse : pour les amoureux du sauvage et de l'eau fraîche
Cette partie s’adresse à ceux qui n’ont pas peur de marcher ni d’attraper la chair de poule dès l’entrée dans l’eau. Plus roots, plus tranquille – si tu cherches du sauvage pur jus et que tu veux ressentir ce frisson unique en plongeant dans une eau à 12°C (oui, oui !), c’est ici que ça se passe. Prépare tes mollets… et ton courage !
Pépites de Corse-du-Sud : entre les Aiguilles de Bavella et la côte
Les piscines naturelles du Cavu : un parc d’attractions familial
Le Cavu est le Disneyland du plouf sauvage version Corse. Tout est pensé pour la famille : parking payant (attention, du 1er mai au 31 octobre, ce n’est pas gratuit), navettes gratuites depuis le parking dès que ça bouchonne (vers 10h), bars et restaurants qui sentent bon la pizza à la merguez. Tu poses ta voiture, tu montes dans le petit train-navette et te voilà en cinq minutes devant les premières vasques. L’idée de se perdre dans la brousse n’est plus d’actualité.
Mais soyons honnêtes : en juillet-août, c’est l’usine. Des poussettes sur les sentiers, des enfants qui crient plus fort que les cigales, bref… l’ambiance colonie de vacances garantie. Tu cherches le calme ? Viens avant 9h ou après 18h – là, tu retrouves un peu du Cavu d’antan, avec juste assez de place pour respirer sans entendre la playlist du voisin.
Une anecdote ? La dernière fois qu’un ami a tenté une sieste à midi ici, il s’est réveillé entouré par un anniversaire d’enfants corses : autant dire qu’il a eu droit à une part de gâteau… mais aucune minute de silence !
Les cascades de Purcaraccia : un spot Instagram qui se mérite
Purcaraccia est LA vedette locale. Instagram regorge de photos de ces vasques d’un bleu éclatant avec les Aiguilles de Bavella en arrière-plan. Le problème ? Ce n’est pas un spot pour touristes pressés ni pour promeneurs en sandales.
L’accès par le col de Larone est compliqué : sentier mal balisé, très glissant quand il a plu ou même par simple rosée matinale... Vraiment dangereux si tu n’as pas l’habitude ! Pour ceux qui aiment vraiment la randonnée et savent garder leur souffle (et leurs chevilles), la récompense est sublime : des toboggans naturels entre deux vasques translucides. Pour les autres… garde tes rêves pour plus tard !
Mon conseil : oublie le "coucher/lever de soleil féérique" vendu partout – même à l’aube, tu croises déjà du monde sur le chemin en saison. Préfère l’intersaison ou sois prêt à marcher vite et bien.
La rivière Solenzara : une baignade facile le long de la route
Solenzara n’est pas une adresse secrète – autant être clair – mais c’est clairement l’alternative "pas prise de tête" aux spots surpeuplés. Le principe ? Il suffit de rouler sur la D268 en direction du col de Bavella et de t’arrêter dès qu’un coin attire ton regard.
Les premières plages sous les ponts sont bondées comme un métro parisien en août… mais en avançant de quelques virages (deux ou trois kilomètres), tu trouves souvent un bassin tranquille entre deux gros rochers polis par le temps. Parfait pour casser une croûte rapide ou improviser un plongeon sans public ni spectacle gênant.
Mon conseil ? Juste après le deuxième pont côté montagne, regarde bien sur ta gauche : une sente discrète descend vers une vasque cachée. Chaque fois que j’y suis passé tôt le matin, il n’y avait que moi et deux poissons farouches.
Les vasques de Polischellu : le paradis du canyoning et des courageux
Polischellu n’est pas pour les douillets ni ceux qui veulent simplement tremper leurs pieds en selfie. Ici, on vient chercher des sensations : sauts dans l’eau fraîche (voire glacée), glissades sur rochers mouillés façon toboggan naturel…
C’est LE spot d’initiation au canyoning dans le coin – des guides sont présents l’été pour encadrer les groupes, mais aussi des aventuriers solos tentent leur chance.
L’accès aux premières vasques demande déjà un peu d’agilité (passages escarpés) même sans faire tout le parcours technique ; oublie les claquettes et viens en baskets solides.
Pour une baignade tranquille façon farniente… passe ton tour ! Ici ça bouge, ça crie (de joie ou parce que l’eau est glacée), bref, ça vit intensément.
Haute-Corse : un coin de paradis pour les mollets et les yeux 👀
Si tu aimes avoir la montagne dans le dos et la rivière sous les pieds, bienvenue en Haute-Corse ! Ici, pas question de piscines où l’on s’entasse comme au marché le samedi matin. Les bassins sont sauvages et les abords préservés – mais il faut le mériter. Tu veux sortir du lot ? Prépare tes mollets, ton souffle… et un peu de courage pour la trempette glaciale. Je t’emmène là où le bruit des moteurs laisse place aux cris des geais et où l’eau a oublié ce que « tiède » signifie.
La vallée du Fango : baignade en mode VIP dans une réserve de biosphère
Commençons par du lourd : la vallée du Fango, classée réserve de biosphère par l’UNESCO. Ici, ce n’est pas la foule qui t’accueille, mais les grandes dalles de roche claire chauffées par le soleil et une eau transparente qui ferait pâlir le Perrier. Le spot se trouve à une trentaine de kilomètres de Calvi ; tu arrives facilement en voiture jusqu’au Pont de Ponte Vecchju. Mais surtout : NE RESTE PAS au niveau du pont (sauf si tu aimes les bains de foule et les chips écrasées sur les rochers).
Le vrai luxe, c’est de marcher 15-20 minutes à pied en remontant la rivière. Là, tu découvres des vasques isolées, parfois assez grandes pour faire quelques brasses sans croiser un seul baigneur à brassards. Eau cristalline, poissons cachés sous les cailloux… C’est toi le roi du monde, sans couronne ni témoin !
Mon conseil ? Viens tôt ou choisis la fin d’après-midi – la lumière joue avec la couleur des pierres et tu croises juste quelques irréductibles locaux. Ici, tu as vraiment droit à ta minute VIP loin du tumulte.
Les gorges de la Restonica : une récompense après la randonnée
Ici, on ne plaisante plus : la Restonica est le mythe corse pour ceux qui veulent mêler effort et baignade sauvage. Il faut d’abord affronter la route : sinueuse, étroite à souhait (tes rétroviseurs te remercieront), elle grimpe sec depuis Corte jusqu’au parking payant perché tout en haut. Là, tu sens déjà l’aventure.
Une fois garé (si tu trouves une place...), deux options : rester dans le bas pour profiter des premières vasques – plutôt accessibles mais partagées entre familles courageuses ; ou te motiver pour attaquer LA randonnée vers les fameux lacs de Melo et Capitello (oublie les poussettes…).
La montée est un peu raide mais… quand tu plonges dans ces eaux après l’effort : ce n’est pas un bain classique. C’est une claque polaire ! L’eau sort littéralement des montagnes glaciaires – même en août, elle est souvent sous les 13°C. Une expérience qui remet tes neurones en place mieux qu’un café serré. Franchement vivifiant.
"Si tu veux voir un Corse frissonner sans avouer qu’il a froid… amène-le ici !"
La cascade des Anglais et le Manganellu : un plouf historique près de Vizzavona
Près du col mythique de Vizzavona, tu trouves un joyau à portée de basket : la Cascade des Anglais – nom hérité du temps où les premiers touristes anglais venaient bronzer ici avant tout le monde (sans crème solaire). Facile d’accès depuis le parking ou sur ton passage si tu suis le GR20 : marche tranquille en forêt, ambiance fraîche et mousseuse sous les arbres.
La balade longe une série de petites cascades qui forment autant de bassins translucides parfaits pour tremper pieds ou mollets selon ton niveau d’enthousiasme aquatique (et ta tolérance au froid). Moins spectaculaire que Purcaraccia & co., mais honnêtement : il y a assez d’eau claire pour contenter toute la famille sans trop d’effort.
Anecdote ? Essaie d’y aller hors juillet-août ; un jour, j’ai croisé un vieux monsieur corse qui venait « faire trempette comme son grand-père avant lui ». Honnêtement, ça vaut tous les spas branchés…
La forêt d’Aïtone et ses piscines : le frisson au milieu des pins laricio
Si tu cherches une expérience qui chasse la fatigue en dix secondes chrono… cap sur la forêt d’Aïtone près d’Evisa ! Imagine : sous des pins laricio immenses (qui sentent bon la résine brûlée sous le soleil), se cachent plusieurs piscines naturelles dignes d’un décor nordique – eau vert foncé presque polaire, silence total sauf quelques geais braillards.
On dit que ce sont les vasques les plus froides de toute l’île – je confirme : même mon pote Tony, surnommé « glaçon », a renoncé à piquer une tête complète (il a juste mouillé la nuque avant de jurer contre sa bravoure). Mais c’est aussi ça l’esprit Corse authentique : sortir revigoré comme jamais, prêt à gravir n’importe quel col derrière.
Envie d’un vrai défi ? Viens tôt le matin ou après 17h quand tout redevient calme – c’est toi contre l’eau froide… et personne pour juger ta grimace !
Guide pratique pour profiter des rivières corses sans passer pour un touriste
Même si tu connais les meilleurs coins, si tu es mal équipé ou imprudent, tu risques de finir en difficulté… Ce n’est pas l’idée. Voici quelques conseils pratiques pour éviter de te retrouver avec une cheville tordue et un sandwich trempé.
Le bon équipement : oublie les tongs, privilégie les chaussures d'eau !
Avant de te lancer dans la rivière, pense à cocher ces indispensables :
- Chaussures fermées adaptées à l’eau (baskets robustes ou chaussures d’aqua-rando – le combo tongs + rocher glissant = retour à la maison).
- Sac étanche (ou un sac poubelle solide dans ton sac à dos – testé et approuvé) pour garder tes affaires au sec lors des traversées ou en cas de chute).
- Crème solaire « spéciale environnement aquatique » (parce que polluer une vasque corse, c’est vraiment mesquin).
- Gourde bien remplie (évite les bouteilles plastiques à usage unique – la rivière n’est pas une décharge).
- Un snack solide (barres, fruits secs – rien de plus triste qu’un coup de fatigue en plein maquis sans rien à manger).
Ce matériel basique te sauvera de bien des galères. Et si tu portes des lunettes, pense au cordon : j’en ai déjà vu chercher leurs verres sur 30 mètres d’eau trouble…
La sécurité avant tout : une rivière n’est pas une piscine municipale
- Ne JAMAIS sauter dans une vasque sans avoir vérifié la profondeur (cela semble évident… jusqu’au jour où tu testes).
- Méfie-toi des crues éclair, surtout s’il a plu en amont ou qu’un orage menace en montagne.
- Ne pars pas seul si le lieu est vraiment isolé : en cas de problème, personne ne viendra te secourir là où même Google Maps abandonne.
C’est du bon sens, mais chaque année, je vois des touristes jouer au cascadeur sans réfléchir… Mieux vaut prévenir que guérir.
Respecter l’environnement : laisser le lieu plus propre qu’à ton arrivée
Faut-il encore le rappeler ? Ce n’est pas chez Mamie : personne ne repassera derrière toi pour ramasser ta canette ou ton papier toilette caché sous les cailloux. Ces rivières corses sont des trésors fragiles ; ramène donc TOUT ce que tu as apporté – et ramasse même les déchets laissés par d’autres. C’est la règle sacrée du baroudeur : on passe sans laisser de trace. Si tu n’es pas prêt à ça, passe ton chemin.
Oublie la plage et plonge dans l’eau authentique
Si tu as lu jusqu’ici, c’est que tu refuses de rester coincé entre deux serviettes qui sentent le monoï. Les piscines naturelles corses offrent une expérience différente : un face-à-face avec la montagne, la sueur avant le frisson, et une joie brute qu’on ne trouve jamais sur une plage bondée.
Pour profiter pleinement des vasques corses, privilégie les mois de juin ou septembre. L’eau y est encore claire et agréable, sans faire claquer les dents, et surtout… personne ne te piquera ton caillou plat préféré. En dehors de ces périodes, prépare-toi à l’eau fraîche ou aux foules – il faut choisir son camp.
Ce qui importe vraiment, ce n’est ni la température ni la photo : c’est ce goût de l’effort récompensé par un plongeon où les pierres racontent plus d’histoires que tous les hashtags du monde.
Alors, prêt à plonger ? Dans l’eau vraie, celle qui raconte l’histoire de la montagne. Tu ne le regretteras pas.




